Best, March 1994

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Brutal Youth

Elvis Costello

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On entend d'ici les quolibets : Elvis Costello proto-génie de l'éternel british pop, phoenix et touche à tout, s'est une fois de plus laissé aller à quelques divagations de sa personnalité, créative mais tortueuse. C'est qu'Anglais pour l'humour pisse-froid, Irlandais pour la générosité mais Ecossais pour la soudaineté de ses changements d'humeur, l'Elvis réussit une fois de plus à tromper son monde. Le précédent album déjà (et surtout), ces "Letters to Juliet" en chambre, corsetées et perruquées, avaient donné le coup de grâce à tous ceux qui s'en étaient tenus au Costello bâtard prodige de John Lennon, Ray Davies et Ben E.King. Et voici qu'Elvis, le beau-fils de l'orgie 60's V.I.P., (et le glaçage à la Sparks en plus, mininmh quel divin banquet!), messieurs, mesdames, nous sort un sacré nouveau truc de son chapeau: Brutal Youth, un album sensationnel, tout à fait surprenant et tellement inattendu : du Elvis Costello circa 79, tout bonnement, celui de la grande période avec les Attractions...! Du neo-Costello en somme.

Si on s'attendait... Et justement malins, les Attractions sont revenus en croquer l'espace d'un disque. Ils sont tous là, Nick Lowe en tête, il manque juste Huey Lewis, l'harmoniciste américain qui a fait carrière en solo depuis. Dans ces conditions... On écoute l'album et on confirme qu'une chanson comme "Pony St" sonne comme un inédit de This Year's Model, "Kinder Murder" a comme une saveur de Blood and Chocolate, "You tripped at every step", (une ballade mélancolique et tendre), est réminiscente de "Everyday I write the book", "Sulky girl" est très This Year's Model, "My Science Fiction Twin" ressemble étrangement au séminal "Pump it up". Quant à des titres comme "Just about glad" ou "All the rage", ils sont tout ce qu'il y a de plus Costello des origines.

Vous êtes prévenus. Maintenant, passés les haut cris des musicologues agacés par une telle démarche, qui finalement nous renvoie à notre propre impuissance, qui voudraient voir en chaque héros de la pop musique contemporaine l'amorce d'une révolution, on ne peut que conclure : il faudrait être l'enculeur de mouche en personne pour ne pas aimer Brutal Youth.

Costello est song writer, tout simplement, pas scénariste, pas acteur, pas même pop star. Son idéal à lui c'est la gloire du juke-box. (Un compliment). Costello fait son Costello : et alors? A-t-on demandé à Dylan, à Brel, à Lennon d'être autre chose qu'eux-mêmes? Le problème c'est que l'Elvis nous a tellement démontré qu'il savait tout faire, du jazz, de la novelty tune, des hits pop, de la musique de chambre, que l'on s'étonne presque de l'entendre à nu : voici un orfèvre de la facture pop british, doublé d'un fabuleux chanteur.

N'y voir aucune attitude régressive. Elvis Costello, comme Rita Mitsouko maîtrise l'art du jeu complice avec sa propre histoire, et son public. Au moindre signe de crampe, on rechigne, et puis quand ils ne sont plus là, on découvre que les choses vont en boitant. Ça ne suffit pas, vous dites? Moi j'affirme : ce n'est pas rien. Loin s'en faut.

(9)

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Best, No. 307, March 1994


BDM reviews Brutal Youth, which is named Album Of The Month.

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