L'Express, November 15, 2004

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Dr Elvis et Mr Costello


Paola Genone

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Chanteur et compositeur, Elvis - de son vrai nom Declan McManus, né en 1954 - déboule sur la scène anglaise new wave et punk à la fin des années 1970. «J'étais un provocateur, admet-il. J'avais baptisé mon groupe Elvis Costello and the Attractions, mais je vous assure que nous étions tout sauf attirants.» Dix ans plus tard, après des tubes comme Alison et Almost Blue, et la formation des Imposters, il coécrit des chansons avec Paul McCartney, Burt Bacharach et compose pour sa femme, la chanteuse de jazz Diana Krall. Son nouveau bébé rock, The Delivery Man, est un disque aux sonorités abruptes. On y retrouve le Mister Elvis des années 1970, le romantique punk à la voix tourmentée, le guitariste aux cordes révoltées, l'auteur de textes incisifs et de ballades déchirantes évoquant la sensualité sauvage de Hendrix et de Presley.

L'un dans le Mississippi...

Elvis réalise The Delivery Man dans l'atmosphère enfumée d'un studio d'enregistrement au fin fond du Mississippi, pour le label Lost Highway. Gibson à la main, il est entouré des Imposters et de la chanteuse Lucinda Williams, méchante fille de la country, avec laquelle il se produit dans un duo enflammé. «Le groupe, explique-t-il, est un big band de rock'n'roll en miniature, teinté de négritude. La différence entre le rock anglais et le rock'n'roll américain tient à la section rythmique. Notre bassiste, Davey Faragher, est issu du jazz, comme l'était le batteur de Chuck Berry. Davey apporte ce swing que l'on retrouve chez Little Richard, Presley et les Stones, dont je suis un grand fan et dont le batteur, Charlie Watts, est un musicien de jazz. Là réside le secret de leur musique.» Plus à l'aise dans la composition d'une chanson que dans celle d'une symphonie, Docteur Costello a écrit le titre The Delivery Man en improvisant texte et musique à la guitare. «En quelques instants, c'était terminé.»

Au début des années 1990, Costello crée la bande originale d'un documentaire télé en tandem avec le compositeur Richard Harvey: «J'étais frustré, se souvient-il. Richard écrivait toutes ses partitions et moi, je ne faisais qu'enregistrer mes compositions sur un synthétiseur.» Tenace, il poursuit ses incursions dans le classique, collabore avec le Brodsky Quartet, enregistre un duo avec la mezzo-soprano Anne Sofie von Otter, écrit des pièces pour orchestre, dont une dirigée par Gunther Schuller. Docteur Costello est devenu un compositeur classique à part entière, auteur de la musique pour le ballet Il Sogno (inspiré du Songe d'une nuit d'été, de Shakespeare) et interprétée par le London Symphony Orchestra, sous la direction de Michael Tilson Thomas. Aujourd'hui, il rêve encore d'une musique qui pourrait changer la marche du monde.

... L'autre à Dublin

Calfeutré pendant dix semaines dans sa maison, posée sur les collines d'Irlande, Mister Costello remonte le temps: «J'ai recréé les mêmes ambiances romantiques qu'un Mozart composant au crayon, à la lumière de bougies.» Il s'inspire des fugues de Bach, des Nocturnes de Chopin, des rythmes jazz de Stravinsky, mais aussi des Américains Aaron Copland et George Gershwin. Leurs portraits défilent dans Il Sogno, œuvre plutôt kitsch, il faut l'avouer, mais diablement costellienne. «On aurait pu imaginer que, venant de la pop, j'utiliserais toutes les sorcelleries de la technologie moderne, ne fournissant que la trame de la partition et laissant les programmes d'ordinateur faire le reste.» Mais non. Costello est un humble ambitieux, pour qui l'apprentissage ne s'arrête jamais. S'il est en mesure d'imaginer des structures complexes, le processus reste long et frustrant. Pour s'encourager, il se dit qu'il a composé plus de 300 chansons et que sa démarche doit être celle d'un peintre passant d'un dessin à une immense toile.

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L'Express, November 15, 2004


Paola Genone reviews The Delivery Man


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