La Chaux-de-Fonds Impartial, April 27, 1989

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La Chaux-de-Fonds Impartial
  • 1989 April 27

Switzerland publications

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L'ironie comme manifeste

Elvis Costello: parolier et musicien inspiré

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  Daniel Droz

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Avec sa dégaine d'employé de bureau, son ironie mordante, sa musique simple mais efficace, Elvis Costello s'est forgé une place de choix sur la scène rock internationale. Auteur prolifique, il peut être considéré comme le parolier le plus inspiré de la décennie et celui qui a su le mieux tirer parti de sa culture musicale.

Declan Patrick Aloysius MacManus, vous l'avouerez, c'est plutôt un nom à coucher dehors et peu approprié au monde musical. Alors le bonhomme en question va en changer. Comme prénom, il choisit celui du roi du rock et pour nom, il prend celui d'un vieil acteur comique. Ainsi est né Elvis Costello.

Nous sommes en 1977, en Angleterre la «punk generation» a la cote. C'est à ce moment que débarque Elvis Costello. Pour lui, pas question d'adhérer au «No future» des punks. Après avoir fait la tournée des maisons de disque, il peut enregistrer son premier album «My Aim is true» (Ma peine est réelle). L'album ne passera pas totalement inaperçu, mais l'artiste ne pourra en tirer immédiatement les fruits. En effet, il se voit licencier par CBS et se retrouve dans l'impossibilité de produire un second disque.

Son manager crée son propre label, ainsi Elvis pourra «pondre» ses albums en toute quiétude. C'est ce qu'il fera jusqu'en 1986 en enregistrant dix «galettes».

PROLIFIQUE

Dès son deuxième opus, Elvis Costello se démarque des modes. «This Years Model» représente, en effet, l'archétype même du disque pop de bonne qualité. Appuyé par un trio efficace, the Attractions (Steve Nieve aux claviers, Bruce Thomas à la basse et Pete Thomas à la batterie), l'Anglais peut laisser libre cours à son ironie mordante et à sa passion pour le rock.

Le succès critique et public de cet album lui permet de prendre sa place dans le gotha du monde rock. Il lui reste alors à prouver que les talents qu'on lui prête ne sont pas usurpés. Et c'est à cela qu'il va s'appliquer dans les années suivantes en «alignant» huit disques à un rythme régulier. Dans l'ordre : «Armed Forces» (1979) dans la même ligne que le précédent, «Get happy!» (1980) vingt titres du plus pur Costello à la sauce folk et rythm & blues, «Trust» (1981) pop anglaise dans toute sa splendeur, «Almost blue» (1981) enregistré à Nashville et totalement country, «Imperial Bedroom» (1982) délicieusement baroque, «Punch the clock» (1983) petite délicatesse, «Goodbye cruel World» (1984) ironique à souhait, «King of America» (1986) purement américain, et «Blood and Chocolate» (1986) brutalement anglais. Son dernier disque «Spike» vient de paraître et il confirme, après trois ans de pause, les talents de celui qui se veut «Les petites mains du concret» (sic).

L'ANGLAIS AMÉRICAIN

Les racines de la musique de Costello sont avant tout anglaises. Il a bien retenu la leçon donnée par John Lennon et Paul MacCartney pendant les sixties. Mais où il se montre bien différent de la plupart de ses confrères, c'est qu'il y ajoute ses propres ingrédients. Il ne se contente pas d'un vulgaire plagiat, il dynamise le tout et la sauce prend. Les exemples foisonnent dans son oeuvre. Par exemple, les chansons «Accidents will happen», «Oliver's Army» ou «Sunday's Best» (toutes trois tirées du LP «Armed Forces) illustrent à merveille le talent qu'a Costello pour reprendre à son compte la pop music qu'avait si magistralement développée les Beatles. Les lignes de basse, la sonorité des claviers, tout est très «british», telle une tasse de thé. Et certains textes, ainsi que la diction très pure de Costello, dénonçant les travers de la vie quotidienne anglaise ne font que renforcer ce sentiment.

Seulement si les oeuvres d'Elvis ont un côté très anglais. Il va confirmer par la suite que ses talents sont multiples et sa passion pour la country prendra peu à peu le dessus. Dès le disque «Get Happyl», sa musique se teinte d'autres «colorations»: folk, rythm & blues surtout. Ce goût prononcé pour l'Amérique se traduira dans les faits par les deux albums, «Almost blue» et «King of America», où Costello dévoile son admiration sans bornes pour la culture musicale d'Outre-Atlantique. Les deux fois, il se fera entourer par des requins de studio qui avaient collaboré, à une certaine époque, avec l'autre Elvis.

RAGE ET IRONIE

Autre caractéristique typiquement «costellienne», outre ses goûts musicaux, ce sont ses paroles. Son humour grinçant, ses émotions, sa rage en font l'un des meilleurs songwriters de la décennie. Dans la meilleure veine, les chansons «Watching the Detectives», «Clowntime is over», «Beyond Belief», «American without Tears» illustrent au mieux la prose «costellienne». Celui qui, et surtout celles, qui se voient égratigner par la plume de Costello n'oseront pas nier qu'il sait la tenir. Et, par exemple, la groupie et expetite amie d'Elvis, Babe Duell, en prend pour son «galon» dans la chanson «This Year's Girl».

Mais le Britannique sait aussi se faire tendre et déchirant. Les exemples foisonnent dans son oeuvre et les ballades langoureuses ont toujours une place sur ses albums.

PRODUCTION

Elvis Costello ne se contente pas d'enregistrer ses disques. En effet, il a produit et signé pour d'autres artistes comme the Pogues, Squeeze, Roy Orbison... Il a également tendance à brouiller les pistes. Ainsi il a sorti quelques singles sous divers pseudonymes comme the Importer, the MacManus gang, the Coward Brothers. Sa personnalité dénote d'une volonté réelle de faire passer sa musique avant sa personne, ce qui est plutôt rare à notre époque. D'ailleurs, le fait de ne pas accepter les contingences des maisons de disques lui ont posé pas mal de problèmes sur le plan de la distribution de ces albums. A l'évidence, Elvis Costello se contrefiche royalement des Top 50 ou Hit Parade de tout acabit.

Finalement, il reste insaisissable. Dès le début de sa carrière, il a donné l'image d'un homme torturé, d'un écorché vif. «L'amour, c'est comme une tumeur qu'il faudrait enlever», ditil. Il a toujours l'air d'en souffrir.

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L'Impartial, Singulier, April 27, 1989


Daniel Droz profiles Elvis Costello.

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