Le Figaro, December 14, 2010

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Elvis Costello en liberté


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  Oliver Nuc

Le chanteur anglais livre National Ransom, un superbe album. Il espère pouvoir bientôt le défendre en concert en France.'

C'est dans une indifférence polie qu'est paru le dernier album d'Elvis Costello, voici quelques semaines. Cela est injuste car National Ransom s'inscrit parmi les plus belles réussites de cet artiste apparu en pleine tornade punk. Peut-être que même ses plus fidèles se sont lassés des expérimentations à tous crins qu'il a menées pendant le plus clair des quinze dernières années et qui l'ont vu faire des incursions dans la country, le classique, le jazz ou la musique de La Nouvelle-Orléans. «J'ai vécu des aventures musicales passionnantes, rétorque le chanteur. Aucune n'a bénéficié d'un grand succès commercial, certes, mais ce sont des choses auxquelles je tenais.» Autrefois chouchou de la critique, cet érudit - dont on a dit qu'il aurait fait un excellent journaliste musical - n'obéit aujourd'hui qu'à son bon plaisir et à sa soif d'expériences.

Si National Ransom fonctionne aussi bien, c'est qu'il passe d'une esthétique à une autre d'une chanson à la suivante, sans jamais perdre sa cohérence. C'est sur la route que la plupart de ses titres ont vu le jour, au cours d'une tournée que Costello a donnée avec l'ensemble de bluegrass de Nashville The Sugarcanes. «Le groupe m'accompagnait déjà sur mon album précédent, mais c'est véritablement en concert qu'on a appris à se connaître. Nous avons découvert de nouvelles combinaisons en réarrangeant certains de mes anciens titres», explique le musicien. Le jeune homme énervé d'autrefois a cédé la place à un quinquagénaire passionné et plus arrondi.

Bonnes manières Le déclencheur de l'écriture du disque a été la crise financière, que Costello croque avec un humour féroce dans la chanson-titre, bien dans la manière de ses titres les plus hargneux des années 1980. Après avoir collaboré avec des figures comme Burt Bacharach et Allen Toussaint, le compositeur retrouve sa verve tout au long de cet album, son plus inspiré depuis bien longtemps. Parmi les éléments ayant entraîné cette résurrection, Elvis Costello cite la santé chancelante de l'industrie du disque. «Ma liberté, je la dois au manque de succès commercial. Je n'ai plus à penser en terme de passage à la radio, et vu qu'il n'y a presque plus de magasins de disques…» S'il est farouchement opposé à la gratuité de la musique, le chanteur comprend la désaffection du public vis-à-vis de l'objet. «Je n'en veux pas aux gens de penser qu'ils se sont fait rouler dans la farine pendant de longues années par l'industrie. Qu'ils sachent juste que nous autres musiciens l'avons été encore plus», déplore-t-il.

S'il n'est plus sous contrat avec une multinationale, ses enregistrements continuent d'être distribués par Universal. «Nous sommes dans une collaboration assez complexe. Les gens du disque sont des gangsters avec de bonnes manières, mais des gangsters quand même.» S'il continue à livrer un album par an, ce que peu de ses contemporains font encore, il trouve aussi le temps d'animer une excellente émission musicale, Spectacle, malheureusement pas diffusée en France.

Cet été, il a pu retrouver notre pays pour une série de concerts partagés avec son épouse, la chanteuse de jazz Diana Krall. «C'est très occasionnel, en général nous nous contentons de faire un morceau ensemble. Nos publics ne sont pas toujours compatibles, mais là, tout s'est passé à merveille», constate-t-il. Il ne reste plus qu'à espérer qu'un promoteur permette à Costello de se produire bientôt à Paris, où il n'a pas chanté depuis plus de sept ans.

National Ransom (Lupe-o-tone/Universal)

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Le Figaro, December 14, 2010


Oliver Nuc reviews National Ransom.



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